Vénéré Zola

 

Gravure Emile ZOLA

 

 

Aaahh Zola…

Je voulais écrire un article sur mes œuvres classiques favorites.

J’ai déjà fait un article de ce type là dans la catégorie Fantasy, intitulé  Magiques influences et j’avais envie de partager avec vous mes classiques les plus retentissants, que j’ai surtout lu à la période de l’adolescence (bon ok, le programme de français au collège et au lycée aident) et qui m’ont aussi beaucoup marquée (comme quoi l’adolescence n’est pas qu’une période de rejet !).

Dans ce registre-là, existe un auteur en particulier que je vénère absolument : Emile Zola.

Et au terme de ma réflexion à son sujet, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il méritait largement un article personnel.

Pour certains, Emile Zola, c’est le cauchemar absolu (souvent des cours de français, on y revient) : des pavés imbuvables d’histoires tristement réalistes, à la fin souvent – pour ne pas dire toujours – carrément glauque, et noyés dans des descriptions interminables, des carreaux de fenêtre au fourmillement urbain, en passant par la cruche à eau de la chambre à coucher.

Oui, il y a de ça. Mais pas seulement ! Et il y a tant d’autres choses à dire encore.

Zola, c’est d’abord le chef de file du courant naturaliste de l’époque, qui a marqué son temps, tant par sa plume que son engagement politique notamment lors de l’affaire Dreyfus dans J’Accuse, qui lui vaudra carrément une assignation au Tribunal pour diffamation.

Mais au-delà de ça, je trouve ces travaux littéraires géniaux et brillantissimes.

Non pas que je sois une spécialiste (loin de là), mais pour faire court, l’oeuvre de sa vie consiste en l’étude de la société française sous le Second Empire (pour replacer dans le contexte, à compter de 1852, date à laquelle Napoléon III devient l’empereur des français) à travers le prisme d’une famille fictive : les Rougon-Macquart, dont l’histoire s’étale sur 20 volumes (a pas peur), partant de l’ascendance ancestrale d’Adélaïde Fouque, veuve Rougon puis amante Macquart, qui scelle les deux branches de la famille, jusqu’à la descendance des deux branches complètement opposées.

Les Rougon représentent la branche plutôt opportuniste de la famille, arriviste, attirée par le luxe, la position sociale, le pouvoir et l’argent (l’odeur du sang ne les fait pas frémir du moment que leur intérêt s’en trouve préservé).

Les Macquart sont eux la branche marquée par le vice et la débauche, l’alcoolisme et la folie qui se perpétuent de génération en génération comme une véritable tare (ça fait rêver, hein?).

Bon ok, dis comme ça, ça peu paraître un peu austère, voire rébarbatif, mais c’est réellement passionnant, pour peu qu’on accepte de jouer le jeu, je vous assure ! Et pour ceux qui n’ont pas encore lu un seul de ses romans, je vous encourage à essayer, ne serait-ce que pour vous faire une idée, parce que ça vaut vraiment le coup.

Un petit récap/tuto/cours accéléré/mémo publicitaire :

Pour comprendre l’histoire de celle que l’on surnomme tante Dide, qui représente donc l’origine de toute la fresque Rougon-Macquart, il faut d’abord lire  La fortune des Rougon, qui est le premier volume de la série rédigée par Zola en 1871.

 

Zola classique naturaliste Rougon Macquart

 

A partir de là, et pour vos lectures suivantes, c’est comme vous voulez (même si Zola les a écrit dans un certain ordre bien évidemment) !

Chaque volume met en scène un membre de la famille Rougon-Macquart. Par exemple, dans La fortune des Rougon, Antoine Macquart, fils d’Adélaïde, a 3 enfants avec Joséphine, sa femme, dont une fille prénommée Gervaise : Gervaise sera l’héroïne du roman  l’Assommoir. Avec son mari Lantier, elle aura deux garçons : Claude et Etienne, puis avec son second époux Coupeau, une fille : Anna : Etienne sera le héros du volume intitulé Germinal, et Anna de Nana.

Cette architecture fait partie intégrante de l’oeuvre de Zola, chez qui on retrouve les mêmes grands axes de réflexion, qui sont ceux du courant naturaliste :

  • La société de l’époque et les moeurs (il étudie les différentes classes sociales et milieux)

  • L’histoire, le déterminisme et la fatalité (sont roman peint l’âge du Second Empire)

  • L’argent (qui donne accès à tout, luxe, sexe, pouvoir etc.)

  • Le corps (dans le désir, la maladie etc)

  • Le mariage et la famille (étude du couple, de la hiérarchie entre l’homme et la femme, de l’adultère etc.)

  • La femme, le corps féminin et le désir (la femme est ici disséquée et analysée sous toutes ses coutures, moralement, affectivement, physiquement, socialement et légalement)

  • La ville et la province (ses romans prennent place dans un espace urbain réaliste et existant)

  • La morale (Zola est un républicain, contre l’Empire, il rêve d’une société juste et fraternelle)

Le tout dans le contexte du XIXe donc.

Mais pour en revenir à l’expérience littéraire pure, et si vous êtes dévorés de curiosité, que vous avez envie de lire au moins UN Zola mais que le thème originel de la Fortune des Rougon n’a pas ravi votre coeur, alors je vous conseille sans hésiter de lire l’Assommoir et ce même si vous entendez le sempiternel « l’Assommoir, il porte bien son nom : c’est assommant ». Vous n’imaginez pas à quel point cette expression, loin d’être originale en plus, m’agace.

L’Assommoir, c’est  LE roman emblématique de l’oeuvre zolienne (dixit ma super prof de français de 4e, coucou si elle me lit). Et une petite photo/4e de couverture pour donner envie :

Zola classique naturaliste oeuvre Rougon Macquart

 

4e de couverture :

Enfin, si malgré mon plaidoyer, vous souhaitez aborder Zola avec un roman moins glauque et que vous aimez les fins plutôt heureuses (en tout cas pas aussi désastreuses et lugubres que la plupart des romans de la série), alors dirigez-vous vers  Au bonheur des Dames, dont le héros est Octave Mouret, le haut commerçant, qui descend de la branche Rougon. Ravissement garanti ! (enfin moi je suis fan donc bon… )

 

Zola classique naturaliste Rougon Macquart

 

En clair : Il y aurait encore des milliers de choses à dire au sujet de Zola mais je vais m’arrêter là, c’est déjà bien assez. Une seule recommandation finale : Essayez Zola ! 

Une vie – Maupassant

Une vie Guy de Maupassant bibliothèque

Auteur : Guy de Maupassant


Edition : Folio Classique

4e de couverture : Alors elle songea ; elle se dit, désespérée jusqu’au fond de son âme : « Voilà donc ce qu’il appelle être sa femme ; c’est cela ! C’est cela ! » Et elle resta longtemps ainsi, désolée, l’œil errant sur les tapisseries au mur… Mais, comme Julien ne parlait plus, ne remuait plus, elle tourna lentement son regard vers lui, et elle s’aperçut qu’il dormait ! Il dormait, la bouche entrouverte, le visage calme ! Il dormait !

Mon avis : Pour vous donner le contexte : œuvre du XIXe siècle, Une vie ou l’Humble Vérité est le premier roman de Maupassant, que Flaubert, dont il était proche, l’a encouragé à terminer. Il aura fallu attendre le décès de ce dernier pour redonner la fougue nécessaire à Maupassant, alors en panne d’inspiration et noyé sous ses responsabilités au Ministère de l’Instruction publique, pour y mettre un point final. Une vie est un roman qui s’inscrit dans le courant réaliste de l’époque (époque Balzac et Zola notamment) où on retrouve toutes les préoccupations et les thèmes récurrents du genre à savoir : la réalité de la vie et ses vicissitudes, le quotidien, l’opposition entre rêves, espoirs et désillusions, dans une réalité parfois douloureuse et moins dorée qu’imaginée.

Jeanne, l’héroïne, en est l’incarnation parfaite. A 17 ans, elle quitte enfin le couvent où elle a vécu plusieurs années pour commencer ce qu’elle imagine être « la vraie vie ». Doucement rêveuse, naïve, et pleine d’espoir, elle se plaît à imaginer sa future vie et ses amours à venir, dans le château des Peuples où elle vit avec la baronne Adélaïde, sa mère, et le baron son père, dont elle est très proche. Pour elle, le meilleur semble à venir. Quelques jours encore et elle rencontre Julien de Lamarre dont elle s’éprend, et réciproquement. Julien ne tarde pas à lui demander sa main, elle accepte, l’épouse et le gendre vient s’installer aux Peuples. Un futur idyllique se profile et pourtant, c’est le début d’une dégringolade sans fin. La bague au doigt, Julien se révèle menteur, égoïste et avare. Infidèle. A partir de là Jeanne tombe de désillusions en désillusions, trompée, humiliée, esseulée, confrontée à la dure réalité. Sa naïveté irriguera tout le roman et la perdra petit à petit. Elle mettra au monde un enfant, Paul, que Julien n’aime pas mais qu’elle, va aimer à la folie, trop peut-être. Mais l’enfant en grandissant se révélera de moins en moins concerné par les histoires et états d’âme de sa mère qui l’étouffe. La solitude marquera Jeanne tout le long du roman, qui au fond, bien qu’entourée de ses parents, ne s’est jamais sentie aussi seule que dans cette vie gâchée qu’elle avait imaginée chevaleresque, lumineuse et sereine.

Alors raconté comme ça, ça rend déjà maussade, MAIS je vous assure que le sentiment disparaît à le lecture. Personnellement j’adore Maupassant, j’ai lu le Horla (que je recommande fortement) et Bel-Ami (tout autant !) avec autant d’intérêt et de fascination pour l’un que pour l’autre. Mais je dois dire qu’Une vie m’a pas mal chamboulée. J’avais quelques années de moins quand je l’ai lu, et je me rappelle très bien de l’effet que m’avait fait ce bouquin, parce que pendant tout le premier tiers, je vivais le roman comme Jeanne vivait sa vie : confiante en l’avenir, persuadée que l’histoire d’amour avec Julien ne pouvait pas donner quelque chose de si terrible que ce que la 4e de couverture voulait nous faire croire. Et pourtant ! J’ai dégringolé avec elle. Son histoire est en fait tellement réaliste qu’on ne peut pas s’en détacher : on la vit et la lit jusqu’au bout.

En clair : Si vous ne l’avez pas encore lu, lisez ce classique. C’est un roman court en plus, donc vous ne partez pas pour 600 pages de mélancolie. Prenez le temps de le lire et de connaître Maupassant, ça vaut la peine !

Les Liaisons Dangereuses – Choderlos de Laclos

 

Les liaisons dangereuses Choderlos de Laclos

Edition : Livre de poche


Auteur : Choderlos de Laclos

En résumé : Roman épistolaire de 1782 (avant la Révolution Française donc, et pendant le siècle des Lumières) les Liaisons dangereuses ou Lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres dépeint la relation épistolaire de la Marquise de Merteuil et de son ancien amant le Vicomte de Valmont dans une correspondance sans détour entre deux personnages qui se connaissent par cœur et pour qui la manipulation et la perfidie, face à la société de l’époque comme face au membre du sexe opposé, est un art qu’ils manient à la perfection. Les deux sont liés par un point commun : la passion et le respect pour le libertinage, qu’ils entendent répandre comme bon leur semble.

Dans ce roman psychologique on a clairement deux types de personnages : les bourreaux et les victimes.

Les bourreaux : le Vicomte de Valmont et la Marquise, deux nobles qui trompent leur monde et séduisent à tout va tout en préservant leur réputation et leur image, au détour de mesquineries sans scrupules et de stratagèmes brillamment orchestrés.

Les victimes : la société qui n’y voit que du feu, les hommes et femmes que l’un et l’autre auront séduits, tournés en bourrique, rendus malade d’amour et détruits.

Le Vicomte et la Marquise ont été amants par le passé et se livrent à une sorte de rivalité à la fois sournoise, séductrice et sans cachotteries, eux qui fonctionnent d’une manière similaire et usent de leurs charmes comme de leur prestance pour asseoir leur rayonnement. A ceci près que la Marquise se doit d’y travailler plus dur : elle a un rang, un statut de veuve, et le sexe féminin à l’époque n’a pas la place qu’elle estime devoir lui revenir puisqu’elle s’autoproclame être « née pour venger son sexe ».

Mais au gré des lettres, on s’aperçoit que la relation entre les personnages se dégrade : leur joute séductrice finit par devenir destructrice, et les dommages collatéraux s’accroissent. Jusqu’à la chute des deux « maîtres ».

Mon avis : Un roman épistolaire PASSIONNANT, que je recommande vraiment. Ne vous laissez pas impressionner par son volume : il se lit vite puisqu’il se compose uniquement de lettres envoyées par tel ou tel personnage (et pas uniquement la Marquise de Merteuil ou le Vicomte de Valmont puisque leurs conquêtes et les personnages secondaires écrivent aussi). Très rapidement, on entre dans le jeu de dupes adroitement mené par ces deux manipulateurs hors pairs, qui tiennent leur monde au creux de leur main et tirent les ficelles des marionnettes de leurs pauvres victimes, avant de se faire prendre à leur propre piège. Des lettres pudiques, des lettres sincères, des lettres hypocrites, des lettres croisées, il y a de tout : impossible de s’ennuyer. L’écriture de Choderlos de LACLOS est qui plus est fascinante, et les lettres sont tellement imprégnées de la personnalité de leurs émetteurs qu’on ne peut pas rester indifférent. Je n’avais qu’une seule hâte au file des pages  : savoir comment ça allait se finir !

Lexique de l’Ouïe

VERBES : écouter, ouïr, percevoir, auditionner, ausculter, bercer, caresser, charmer, réjouir, agresser,

NOMS : gémissement, plainte, grincement, grognement, roulement, grondement, hurlement, brouhaha, vacarme, rumeur, cacophonie, tapage, tintamarre, tumulte, clameur, fracas, chant, mélodie, chuchotement, clapotis, frémissement murmure, souffle, bourdonnement, bruissement, chuintement, ovation,

ADJECTIFS : cristallin, affaibli, étouffé, régulier, vibrant, feutré, harmonieux, léger, mélodieux, aigu, grave, détonant, assourdissant, perçant, percutant, strident, violent, bref, prolongé, sec, agaçant, clair, faible, fort, léger, métallique, plaintif, prolongé, sourd, strident, audible/inaudible…

EXPRESSIONS : tendre l’oreille, venir aux oreilles, prêter l’oreille,déchirer les tympans, être tout ouïe, avoir l’ouïe fine

 

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Lexique de l’Odorat

VERBES : aspirer, flairer, humer, renifler, respirer, empester, empuantir, dégager, fleurer, exhaler, embaumer, parfumer, infecter, répandre, subodorer, puer, caresser, imprégner

NOMS : bouquet, fragrance, parfum, senteur, effluve, émanation, exhalaison, puanteur, pestilence, infection, relent, remugle, essence, fumet

ADJECTIFS : suave, fugace, sucré, musqué, délicat, délicieux, velouté, âcre, aigre, amer, agressif, capiteux, suffocant, écoeurant, pestilentiel, aromatique, désagréable/agréable, fétide, fin, fort, infect, méphitique, nauséabond, odoriférant, piquant, rance, subtil, tenace, de renfermé…

EXPRESSIONS :chatouiller les narines

 

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Lexique du Toucher

VERBES : toucher, appuyer, cogner, frotter, heurter, saisir, caresser, câliner, enlacer, flatter, chatouiller, tripoter, palper, pétrir, presser, tâter, frictionner, masser, flétrir, froisser, effleurer, frôler, égratigner, érafler, écorcher, tâtonner, tâter, manipuler, chiffonner, attraper, friper, manier, imprégner, fleurer

NOMS :choc, coup, heurt, pression, caresse, effleurement, sécheresse, moiteur, chatouillement, contact, gifle, tact, pique

ADJECTIFS : calleux, cotonneux, soyeux, satiné, doux, velouté, dur, poli, noueux, rugueux, lisse, mou, ferme, piquant, rêche, tiède, collant, gluant, brûlant, duveteux, frais, froid, gras, humide, lourd, mouillé, sec, souple, glacial, rigide, huileux, lisse, moelleux, racorni, rêche, savonneux, tendre

EXPRESSIONS : toucher le fond, toucher le point faible, être touché par qqn, toucher les étoiles

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Lexique du Goût

VERBES : savourer, avaler, déguster, se délecter, se rassasier, dévorer, croquer, boire, ingurgiter, siroter, absorber…

NOMS : Arôme, fragrance, parfum, senteur, bouffée, (un) effluve, émanation, exhalaison, puanteur, pestilence, infection, relent, remugle, essence, fumet, acidité, âcreté amertume, âpreté, assaisonnement, bouquet, dégustation, insipidité, saveur …

ADJECTIFS : : suave, fugace, sucré, musqué, délicat, délicieux, velouté, âcre, aigre, amer, agressif, capiteux, suffocant, écœurant, pestilentiel(le), aromatique, (dés) agréable, doux, exquis, fade, fétide, acerbe, acidulé, astringent, buccal, délectable, douceâtre, épicé, exquis, fade, faisandé, gustatif, piquant, poivré, rance, relevé, savoureux, succulent, sucré, pimenté

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Lexique de la Vue

VERBES : épier, dévisager, reluquer, guetter, examiner, inspecter, observer, regarder, toiser, viser, fixer, espionner, scruter, lorgner, surveiller, contempler, admirer, constater, découvrir, remarquer, apercevoir, entrevoir, considérer, discerner, distinguer, mirer, visualiser

NOMS : rond, carré, rectangle, triangle, cylindre, masse, pic, pointe, panorama, scène, vision, spectacle

ADJECTIFS :arrondi, pointu, biscornu, hérissé, sinueux, droit, ondulé, étriqué, uniforme, difforme, plat, épais, long, fin allongé, large, pointu, profond, gluant, visqueux, coriace, rugueux, doux…

EXPRESSIONS : dévorer des yeux, être fasciné, être hypnotisé, sauter aux yeux, jeter un coup d’oeil, saisir à la dérobée, viser du coin de l’oeil, jeter un œil en biais, jeter un regard torve, embrasser du regard, caresser du regard, à perte de vue, à première vue, à vue d’oeil, être bien vu, garder un œil sur, garder quelqu’un à l’oeil

 

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Rédiger sa lettre de présentation

Bonjour chers amis !

Ça y est, la correction est terminée, le roman (ou la nouvelle etc) est fin près à être présenté à l’éditeur. Vous abordez donc l’ultime étape sur le chemin de l’édition ! Bravo les amis !

Tout d’abord, prenez le temps de vous congratuler, parce que c’est déjà un sacré d’exploit et que ça fait DU BIEN. Oh que oui. Sans déconner, vous réalisez ? Vous avez écrit un livre. Alors certes vous ne savez pas encore ce que vous valez, mais j’aurais tendance à dire que peu importe, vous avez atteint votre objectif d’écriture et ça, ça vaut de l’or. Vous pouvez être fier de vous.

Ensuite, une fois les courbettes inclinées bien bas et la pose prise, retrouvez votre concentration. Il reste encore quelques petits efforts de présentation et de finition à boucler.

Je vous parlerez du synopsis dans un autre article mais ici j’aimerais aborder la question de la lettre de présentation parce qu’elle est aussi très importante quand on présente son manuscrit à un éditeur. Ne l’oubliez pas, et travaillez-là ! Même si elle ne fait pas partie des documents demandés par votre éditeur sur son site, joignez-là à tous les coups. Idem pour le synopsis. D’une manière générale, n’adressez JAMAIS uniquement votre manuscrit, sans présentation, sans synopsis sans rien. Pourquoi ? Parce que l’éditeur, pour peu que ce soit une grosse maison, reçoit 100 manuscrits par jour, qu’il a un boulot monstre et que si vous voulez avoir une chance qu’on vous prête attention, il faut lui donner des raisons de lire votre manuscrit.

DONC, on joint la lettre de présentation (1er palier), si l’éditeur est convaincu, il passera au synopsis (2e palier) et si ça lui dit enfin, véritablement, à votre manuscrit. Voyez l’astuce ? Mettez-vous à sa place, et facilitez-lui la vie, en quelques sortes.

La lettre de présentation, c’est donc la lettre qui va… présenter. Oui. Mais quoi ?

  1. Votre histoire

  2. Vous-même

  3. Votre récit (son genre etc)

Concrètement, le but d’une lettre de présentation est de faire découvrir de manière synthétique votre manuscrit à l’éditeur, mais aussi l’auteur que vous êtes et puis finalement la matière que vous lui soumettez.

Schématiquement ça donne :

Madame, Monsieur, [en sachant que c’est bien de personnaliser avec le nom. Au besoin écrivez à la Maison d’édition ou appelez-là pour savoir à l’attention de qui vous devez adresser votre lettre].

Paragraphe 1 : mon histoire

Ici, imaginez purement et simplement votre 4e de couverture. Soyez court et concis, il faut que vous mettiez l’eau à la bouche de l’éditeur. Pour vous inspirer, lisez le dos des bouquins qui peuplent votre bibliothèque et allez-y, rédigez. Dans ce petit paragraphe (voire 2), il faut que l’éditeur ait une idée précise de ce qu’il va lire, que l’histoire lui paraisse déjà cohérente et originale. Le choix des mots y est important, mais ne faites pas non plus dans le style ampoulé et ne vous noyez pas dans les adjectifs qui vont alourdir votre texte, voire même le discréditer. Écrivez ce que vous aimeriez trouver au dos de votre livre.

Paragraphe 2 : vous-même

Qui êtes-vous ? Alors bien sûr il ne s’agit pas ici de raconter votre vie et de développer votre biographie, mais simplement de donner quelques clés à l’éditeur pour cerner qui il a en face de lui. Et quand je dis qui, il faut bien sûr que ce que vous choisissez de dire serve votre projet d’écriture. Je m’explique : vous n’écrirez pas « Je suis passionné quoiqu’un peu désorganisé blabla ». Restez simple, efficace et authentique, mais surtout mettez en valeur sans en avoir vraiment l’air ce qui peut faire votre petit plus.

Pour vous aider : choisissez trois points forts chez vous et qui sont réellement un atout pour votre projet d’écriture. Ca peut venir de votre personnalité (exemple : acharnement au travail…), votre expertise dans la discipline justement centre de votre histoire (vous écrivez un thriller et justement vous travaillez dans un commissariat etc), dans votre parcours (vous avez gagné des concours, des prix, vous avez déjà été publié…)

Alors bien sûr, si vous êtes débutant et que votre histoire n’a pas de rapport avec un domaine que vous maîtrisez, ça ne veut pas dire que vous êtes fichu ! Les éditeurs sont confrontés tous les jours à des jeunes auteurs, et ne vous inquiétez pas pour ça, le fait que vous n’ayez aucune distinction ne vous pénalisera pas outre mesure. Ce qu’on attend simplement de vous, c’est encore une fois du clair, du concis et déjà un tantinet de professionnalisme. Ben oui, ne perdez pas de vue que vous êtes peut-être un de leurs futurs collaborateurs ! Donnez leur confiance, n’en faites ni trop, ni pas assez.

Paragraphe 3 : Votre récit, matériellement

En d’autres termes, à quoi doit s’attendre l’éditeur ? Un roman ? Une nouvelle ? Un conte ? Pour les adultes, les ados, les enfants ? Thriller, fantasy, contemporain, historique, romantique, érotique ? Combien de mots ? Est-ce que votre récit fait partie d’une trilogie ? Tout ça, vous le mettez en 2 lignes, ici.

Ensuite on termine par une formule de politesse toute simple, sans implorer (« J’espère que vous me lirez » → NON), ni vous la jouer, soyez juste poli, avenant, et sans pression. Comme je l’ai dit l’éditeur reçoit des centaines de manuscrits par jour, et quand il en reçoit un il se doute bien de ce qu’il a à faire avec, encore plus que vous attendez une réponse de sa part. Soyez calme, et non pressant dans votre formule de clôture.

VISUEL DE LETTRE DE PRESENTATION

Madame, Monsieur,

Phrase d’accroche.

§1 : Enfants disparus raconte l’histoire de …………………………………………………………………………… ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

§2 : Anciennement affecté au département des disparitions du commissariat de …. dans lequel j’ai officié pendant cinq ans, j’ai remporté le 1er prix du concours….et suis auteur de deux romans publiés aux éditions Fleuve Noir……………………………………………………………………………………………………………..

§3. Enfants disparus est un thriller de 150,000 mots, et premier tome de la trilogie « …. ».

Je joins également un synopsis.

Vous souhaitant une bonne lecture et au plaisir de vous lire.

                                                                                                                   [Signature]

Comment rester motivé quand on écrit son premier roman ?

Bonjour chers amis !

Dur dur de ne pas se décourager par moment, quand on écrit son premier roman ! Je sais de quoi je parle…

Alors il existe des formations en écriture, des stages, des ateliers (je vous encourage d’ailleurs à vous renseigner) qui peuvent vous guider et vous aider à prendre confiance en vos capacités littéraires et à vous améliorer. Il existe même des Master 2 dédiés aux pratiques de l’écriture (je pense notamment au Master 2 Métiers de l’écriture de l’Université Jean Jaurès de Toulouse).

Mais si comme moi vous avez terminé vos études (donc exit le M2), qu’il n’y a aucun atelier approprié à ce que vous voulez développer, ou que vous n’avez tout simplement ni le temps, ni les moyens de suivre une formation, alors la mission « j’écris mon premier roman » s’annonce solitaire et éprouvante.

Souvent, les doutes surgissent et nous assaillent, on a l’impression d’être mauvais, que personne n’appréciera ce qu’on écrit et on a peur de se ridiculiser. Pour peu en plus qu’on soit fatigués, que les mots ne viennent pas et qu’on ait lu un passage du roman de notre auteur préféré, alors là… PATATRA : la détresse.

Comme on n’est pas des mytho, on ne va pas se mentir : écrire un roman c’est dur, c’est long, c’est fastidieux, ça demande de la patience et de la dévotion, de la détermination, un certain sens des priorité, et du courage. Voila voilà.

Mais ce n’est PAS IMPOSSIBLE ! Oui c’est du travail, oui c’est de l’organisation, oui parfois on aura des coups de mou et on aura envie de tout brûler, oui certains jours moins bons que d’autres on se dira que ça ne sert à rien de se bercer d’illusions. « A quoi bon, qui va me lire et me publier ? » C’est là que j’interviens pour vous mettre un bon coup derrière la tête, à la Gibbs (ndrl le chef d’équipe du NCIS).

Un message que j’aimerais véhiculer sur ce blog, c’est justement qu’il ne faut pas se décourager. Jamais. J’en suis d’ailleurs une preuve. Explications : j’ai commencé à écrire un roman de Fantasy il y a bien 10 ans si ce n’est pas 15. J’étais ado, j’adorais déjà écrire et j’avais préparé ma petite histoire. Sauf que j’étais jeune, j’avais mes cours, mes copains, le brevet etc, et j’ai laissé ma fic dans un coin pendant longtemps. J’ai fait ce va-et-vient pendant de nombreuses années : je te prends, je te range, je te relis, je te rectifie, je te range de nouveau jusqu’à l’été de l’année suivante pendant lequel bien sûr je te ressortirai pour tout refaire parce que j’estimerai que ce sera bien nul. Et ainsi de suite. Aujourd’hui : 25 ans. Je t’ai ressortie et une fois n’est pas coutume, mon jugement a été critique. Je voulais tout remanier. Ce que j’ai fait. Sauf que cette fois-ci j’avais un objectif : boucler ce fichu (mais néanmoins beloved) manuscrit qui traînait depuis trop longtemps. Et cette fois je me suis prise en main : régularité, priorité, méthode, je me suis imposée une discipline de fer, mais le résultat est là : mon brouillon est achevé!

Alors certes, tout n’est pas terminé puisque j’en suis à l’étape de la correction, (et Dieu sait que je ne suis pas au bout de mes peines…), mais WAHOU quelle fierté d’avoir mis le mot FIN à ce roman qui me tient tant à cœur et que j’ai négligé pendant tant d’années. Pourtant, il y a 8 mois, je lorgnais en coin ce petit monstre diabolique que j’essayais de déployer, en me répétant que jamais je n’y arriverai. Aujourd’hui, quand je regarde ma reliure maison, j’en suis toute fière. Je ne sais pas si j’ai du talent, mais j’ai au moins la satisfaction d’essayer. D’aller au bout de mon projet, de m’être prise par la main pour avancer. Même si c’était dur. Même si certains jours, le moral n’y était pas. J’ai voulu essayer, et ça a payé. Ce que je croyais impossible il y a quelques mois s’est réalisé.

Et si moi j’ai pu y arriver, alors tout le monde peut le faire !

Donc on retrousse ses manches, et on attaque sans se démotiver !

8 Conseils pour ne pas se démotiver quand on écrit son premier roman

1- Se fixer un objectif final 

Si vous tenez à votre projet, que votre passion c’est l’écriture, que ça vous tient à cœur et que vous voulez y arriver : rien ne vous en empêche. Pour ne pas perdre de vue votre but, fixer-vous un objectif pratique : ça peut être une date à laquelle vous voulez que votre brouillon soit bouclé, une rencontre avec un auteur, un salon du livre, un moment de votre vie où vous savez que vous serez un peu moins disponible pour écrire et vous voulez finir avant. Ou tout simplement la conviction que si vous n’essayez pas, mais vraiment, vous vous en voudrez toute votre vie. Personnellement j’ai choisi cette dernière option pour me motiver, et ça a fonctionné !

2- Écrire tous les jours

Le secret d’une progression entraînante, c’est d’écrire tous les jours. Même si c’est 10 minutes, mieux vaut ça que de réserver une plage horaire de 2 ou 3 heures un mercredi après-midi ou un samedi. D’abord parce que ce jour-là, il y a des risques que vous soyez interrompus ou que vos impératifs viennent interférer. Et puis peut-être que l’énergie sera au plus bas, que les mots ne viendront pas et du coup vous allez tout remettre en question parce que c’était votre unique créneau de la semaine, avec en prime la culpabilité de ne pas vous être attelé à la tâche comme vous auriez dû (déjà essayé, et c’est le genre de méthode très anxiogène au final). Qui plus est vous risquez de nourrir une certaine appréhension, voire de faire un blocage pour la semaine qui suit… Alors pour éviter ce genre de situation, mieux vaut écrire un peu tous les jours : c’est pratique si vous avez pas mal de responsabilités et un emploi du temps un peu chargé, vous pouvez caler votre session écriture partout. Mais surtout avec cette méthode, vous allez rester en immersion dans votre histoire et AVANCER. Pas à pas, vous allez progresser dans la rédaction de votre brouillon et croyez-moi, ça va vous booster ! (Méthode éprouvée ^^)

3- Rédiger son brouillon rapidement

Je m’explique : ça ne veut pas dire le bâcler, puisque plus vous bâclerez, plus l’étape de la correction sera fastidieuse et risquera de devenir cauchemardesque. Mais ne revenez pas en arrière quand vous reprenez votre texte pour la nouvelle session d’écriture. Sauf à faire une modif mineure à laquelle vous venez de penser, évitez ce genre d’attitude chronophage parce que vous allez vous enliser dans ce que vous avez déjà écrit. A force de reprise, vous allez non seulement faire du surplace, mais en plus de ça vous allez perdre en motivation parce que vous n’avancerez pas. Alors quand vous démarrez votre session d’écriture du jour : ne regardez pas en arrière, démarrez directement la suite et AVANCEZ , AVANCEZ, AVANCEZ, sans vous retourner. C’est vraiment une des clés pour garder sa motivation. Le reste, vous y reviendrez au moment de la correction. Pour vous aider, une petite astuce : vous commencez votre session du jour sur un nouveau Word, de façon à ne pas être tenté de relire le passage précédent.

4 – Soyez indulgent et patient avec vous-même

D’abord parce qu’écrire un premier roman en entier c’est un véritable défi et que le relever demande du courage (que vous avez, n’en doutez pas une seconde). Ensuite parce que la tâche elle-même est complexe. Et enfin parce que votre brouillon n’est justement qu’un brouillon. Ne vous tracassez pas si vous ne le trouvez pas optimal ou que le passage ne rend pas comme vous le souhaitez : l’étape de la correction servira à le rendre meilleur et présentable à un éditeur. Une chose aussi : autorisez-vous des moments de fatigue, des instants où, ben non, aujourd’hui les mots ne viennent pas, ce n’est pas grave ! Ne vous culpabilisez pas, ce n’est pas parce que depuis quelques jours l’inspiration n’est pas au rendez-vous que votre carrière dans l’écriture est fichue ! Au besoin prenez l’air, revoyez vos fiches, mais n’abandonnez pas. Restez bienveillant avec vous-même, ne vous flagellez pas, vous êtes déterminés et vous avez une passion extraordinaire, simplement acceptez à certains moments d’être moins performants que d’autres sans pour autant tout remettre en question.

5- Restez motivé en étant sûr d’une chose : écrire s’apprend !

Et scoop, ça s’apprend dès la maternelle. On peut toujours progresser en écriture. Les plus grands auteurs continuent de progresser eux aussi, à force de travaux. Ce n’est pas inné, c’est quelque chose qui se travaille alors restez motivé même si vous trouvez que votre scène n’est pas aussi percutante que ce que vous imaginez. Au fil des pages, vos écrits ne seront que meilleurs.Vous y arriverez !

6 – Ayez la conviction de votre projet.

Conseil un peu plus psychologique : si vraiment arriver au bout de votre projet d’écriture vous tient à cœur, allez-y, rédigez-le et terminez-le. L’équation est simple : vous + stylo/ordi = roman. A partir de là, avez-vous vraiment le choix ? Personne ne rédigera à votre place et vous ne saurez pas de quoi vous êtes capable si vous ne le faites pas. Au risque de regretter toute votre vie de ne pas avoir essayé alors que c’était important pour vous.

7- Rappelez-vous que les meilleurs auteurs se sont fait refuser leurs premiers manuscrits.

Si ce n’est pas une preuve, ça ! Parce que OUI certains auteurs de référence aujourd’hui y compris ceux de Best Sellers que tout le monde connaît, se sont faits renvoyer leur manuscrit à la figure les premiers temps ! Quelques exemples que j’ai en tête : Agatha Christie, J.K. Rowling, Sophie Audouin-Mamikonian (la maman de Tara Duncan), dans la catégorie Jeunesse pour ces deux dernières, ont vu leurs manuscrits rejetés par les maisons d’édition lors de leurs premiers envois. Et il y en a d’autres ! (C’est bon pour le moral, on ne va pas se mentir).

8- Sillonnez les blogs et forums d’écriture pour vous trouver une communauté de confrères et de conseils !

Vous y puiserez soutien, réconfort, conseils et encouragements et ça peut faire toute la différence un jour où vous avez le moral en berne. Entre autres blogs d’écriture très bien tenus, vous avez celui de Rebecca, de devenir-ecrivain.com, que j’ai découvert il y a quelques mois. Et croyez-moi elle y est pour beaucoup dans l’achèvement de mon brouillon ! Entre sa bienveillance, sa régularité, ses conseils vidéo et son professionnalisme, elle a fait des miracles. Je vous encourage vivement à le suivre, son blog est vraiment bien fait et propose des formations à l’écriture.

En clair : Un seul mot d’ordre : la motivation s’entretient ; ne cessez JAMAIS de croire en vous et en vos capacités. Ne vous arrêtez pas au premier obstacle, même si c’est dur, même si le temps file à une vitesse effarante, rien ni personne ne doit vous priver de votre rêve. Mais en retour vous devez alimenter ce rêve et vous donner les moyens de le concrétiser en y consacrant de votre temps et de votre énergie. Si vous le voulez, dîtes-vous bien que rien n’est impossible, et c’est le cas pour tout dans la vie !

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